ROYAN


la RAF déversent un tapis de bombes sur une petite cité balnéaire( Royan ) encore occupée par les Allemands . Opération "Vénérable" Le 14 avril 1945

Le Général de Larminat devait être le seul à estimer qu'il avait écrit "une nouvelle page de gloire". En effet, l'opération fut surtout caractérisée par le lancement de nouvelles bombes incendiaires dont l'aviation venait juste d'être munie.

Lettre ouverte au Général de Larminat par Pierre Veyssière...
Vous dites que l'un des mobiles de l'attaque des 14, 15 et 16 avril fut le désir des troupes de libérer le sol de la patrie : "Ils ne voulaient pas que l'ennemi capitule de son propre gré, eut l'impression d'être vaincu". Me permettez-vous mon Général, de voir à l'aveu que l'ennemi eût capitulé si l'on avait voulu et su par des voies extra-militaires, l'amener à la capitulation ! Or, nous sommes certains qu'en août et septembre 1944, l'État-Major allemand, commandant la forteresse de Royan, fit des propositions de reddition qui, si elles avaient abouti, auraient évité le pire. Nous savons qu'à deux reprises, il avait pris contact avec le Colonel Cominetti, dit Charly, commandant les troupes du Médoc. Nous savons aussi que ces tentatives de négociations furent purement et simplement repoussées par l'État-Major français de Bordeaux, pour ajouter sans doute à la grandeur du prestige militaire...


Howard Zinn, historien
"Je me suis engagé dans l'Armée de l'Air et suis devenu bombardier. Je décollais d'une base en Angleterre sur un gros bombardier de la 8ème Armée de l'Air et je lâchais des bombes sur différents endroits en Europe, dont la petite ville française de Royan sur la côte atlantique. (...)
J'avais bombardé tous ces endroits en Europe sans savoir ce que je faisais.
Quand vous lâchez des bombes à dix mille mètres d'altitude, vous n'entendez même pas les explosions. Vous n'entendez pas les cris, vous ne voyez pas le sang, vous ne voyez pas les corps déchirés des enfants.(...)
C'était trois semaines avant la fin de la guerre.
Tout le monde savait que la guerre était finie.(...)
Pourquoi allions-nous bombarder une ville sur la côte atlantique en France ?
Parce que, selon nos services de renseignements, il restait une poche de soldats allemands près de Royan. Ils ne faisaient rien, ils attendaient seulement la fin de la guerre. Mais nous devions les éliminer.
Ainsi nous allions emporter un nouveau type de bombe dans nos soutes (...): c'était du napalm - la première utilisation du napalm dans la guerre en Europe.
Nous avons survolé Royan - 1200 gros bombardiers pour attaquer quelques milliers de soldats allemands - et nous avons lâché nos bombes, tuant les soldats, mais détruisant la ville de Royan. Nous ne savons pas combien de personnes sont mortes dans ce bombardement. Je n'y ai même pas pensé alors.
C'est la guerre moderne, on tue à distance, le tueur ne connaît pas la victime, ne la voit pas, ne l'entend pas."

2 commentaires:

Daphne Wayne-Bough a dit…

Ah! encore un coup tordu des 'good guys'. J'apprends seulement maintenant - la cinquantaine passée - les atrocités commis par les 'bons' au nom de la liberté. Le p'tit guerrier m'a fait lire Kurt Vonnegut pour que je sache ce qu'on a fait à Dresden. Merci d'avoir apporté des tons de gris dans la photo en noir et blanc qu'on m'a montré à l'école.

FroguetteMiNote a dit…

Il y a bien eu des pourparlers, dans le Médoc, à la Grande Canau, entre Carnot / de Milleret et les ALlemands, le 17 septembre 1944, mais les comptes-rendus divergent sur qui les a faits capoter. (Léon des Landes / Dussarat accusant Carnot d'avoir été trop inflexible, tandis que Carnot dit la même chose des Allemands).

A la lumière de cela, autant le texte de Zinn paraît intelligent, autant l'idée de Paul V. selon laquelle "Bordeaux", pour faire une belle bataille, n'aurait pas voulu entendre parler de pourparlers proposés via Cominetti paraît parano. Surtout que ledit Cominetti (condamné à la Libération) avait mis le Médoc en coupe réglée et qu'il était un agent double ayant proposé de donner contre pas mal d'argent des aviateurs anglais aux Allemands... ce qui commençait à se savoir à la fin de l'été 44.